CHRONIQUE

100% PÊCHE

Par Richard Monfette

Ouananiche de printemps :

poisson nageur
ou streamer?

Personnellement mes deux types de leurres préférés pour la ouananiche sont les poissons-nageurs et les streamers, et même si d’autres s’avèrent efficaces pour ce saumon d’eau douce, dont plusieurs cuillères ondulantes, il n’en sera pas question dans cette chronique.

Mon expérience de pêche à la ouananiche aux poissons-nageurs m’a appris que la plupart du temps il est préférable de se limiter à des leurres de taille relativement réduite pour espérer connaître un succès constant. Je propose donc des longueurs d’offrande de 1 ¾  à  2 ½ po dans les plans d’eau où la taille moyenne des prises est inférieure à 1 kg, et de 2 ½  à 3 po où la taille moyenne dépasse amplement le kilo.

Exemple de poissons nageurs utilisés par l’auteur pour pêcher la ouananiche au printemps. 1- Original flottant 1 ½ de Rapala; 2- Minnow 1 5/8 po de Rebel; 3- Pins Minnow 2 po de Yo-Zuri; 4- Pins Minnow 2 po de Yo-Zuri; 5- Pins Minnow 2 3/4 po de Yo-Zuri; 6- Pins Minnow 2 3/4 po de Yo-Zuri.

Dans le cas des streamers, je suis un peu la même règle de longueur en fonction de la taille moyenne des prises que l’on capture généralement dans le plan d’eau. Je propose des mouches d’une longueur de 1 ¾  à 2 ½ po dans les lacs où la taille moyenne des ouananiches est inférieure à 1 kg, et de 3 à 4 po là où nagent des trophées.

Exemple de différents streamers utilisés par l’auteur pour pêcher la ouananiche. Ceux à gauche pour s’attaquer aux gros spécimens et ceux de droite à utiliser dans les plans d’eau où la taille moyenne des prises est de moins de 1 kg. La plupart sont des variantes de mouches connues ou encore des créations. Le choix est énorme et il faut garder à l’esprit que ces mouches doivent imiter des petits poissons chassés par notre saumon d’eau douce; souvent des éperlans.

Le choix : une question de logique

Les poissons-nageurs et les streamers se distinguent par leur action de nage, car celle-ci est frénétique dans le premier cas et presque nulle dans l’autre (à moins de pomper la canne). À mon avis, c’est justement cette différence qui doit être considérée quand vient le temps de faire un choix entre les deux.

Puisque l’amplitude du mouvement de nage des poissons-nageurs n’a souvent rien à voir avec les vrais déplacements des petites proies, lesquelles semblent filer presque en ligne droite sans grands mouvements apparents, on devrait selon moi réserver leur emploi lorsque les conditions sont idéales et que des poissons en chasse recherchent activement des proies comme l’éperlan par exemple. À l’opposé, le déplacement rectiligne et silencieux des streamers ressemble à s’y méprendre à celui d’une proie qui espère passer inaperçue aux yeux d’un prédateur aquatique. Ces leurres sont donc particulièrement indiqués au cours de périodes plus difficiles (c’est souvent le cas à la ouananiche) ou quand la pression de pêche est forte.

De plus, même si de mon côté j’ai pris plus de poissons avec des poissons-nageurs, toutes mes plus grosses ouananiches ont été capturées à l’aide de streamers et je connais plusieurs autres pêcheurs qui ont aussi observé cette tendance. Il ne faut pas oublier qu’un gros poisson est habituellement âgé et qu’il en a vu bien d’autres. Selon moi, le déplacement discret d’une mouche imitant un poisson-appât lui rappelle davantage une vraie proie que le mouvement saccadé affiché par la plupart des poissons-nageurs.

Une belle ouananiche capturée par l’auteur en utilisant un streamer. La plupart des gros spécimens capturés par ce dernier l’ont été avec ce genre de mouche qui imite un petit poisson.

Cependant loin de moi l’idée d’affirmer qu’il est impossible de leurrer une belle ouananiche avec un poisson-nageur (j’en ai moi-même pris quelques-unes). Toutefois, d’après mon expérience, si tous les pêcheurs donnaient une chance égale au poisson-nageur et au streamer, on aurait une sérieuse surprise côté taille moyenne…

Bonne pêche!

Canne à mouche pour pêcher à la traîne

Côté canne à pêche, depuis quelques années j’utilise uniquement la canne à mouche pour affronter les salmonidés de printemps. Je trouve le combat plus agréable ainsi, et la flexibilité de la canne permet d’employer des bas de lignes très fins sans risquer de briser le fil. De plus, la soie utilisée avec cet équipement suit parfaitement les mouvements de l’embarcation et permet une présentation beaucoup plus précise du leurre surtout lorsqu’on espère le faire passer près d’une structure propice. J’aime bien les soies à bout calant qui permettent de faire descendre autant les poissons nageurs que les streamers un peu plus creux sous la surface. Et si je pêche un peu plus tard en saison, je troque la soie à bout calant pour une soie calante ou encore pour quelques longueurs de fil plombée (voir article Grise top 5 des meilleures tactiques).

L’auteur pêchant la ouananiche à la traîne avec des cannes à mouche lors d’une sortie au lac Champlain.

Au lancer léger aussi

Mais les amateurs de pêche au lancer léger peuvent aussi tirer profit autant des poissons nageurs que des streamers. La présentation est peut-être un peu moins précise qu’avec une soie à moucher, mais le résultat est souvent aussi efficace. Même les streamers peuvent aussi être employés par les utilisateurs de canne à lancer léger. Dans ce cas, quelques plombs-billes «split shot» pincés sur le fil suffiront pour faire progresser la mouche légèrement sous la surface. Il ne faut pas oublier qu’il est question de pêche printanière et qu’à cette période de la saison les ouananiches prennent souvent position dans moins de 5 m de profondeur. Elles sont donc parfaitement capables de venir chercher un leurre qui nage tout juste sous la surface.

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