PORTRAIT
Par Richard Monfette
Daniel Leclair:
un des meilleurs pêcheurs au Québec!
Un énorme bar rayé capturé par Daniel Leclair dans la rivière Hudson.
Si vous naviguez sur Facebook et que vous êtes le moindrement amateur de pêche, vous avez sûrement déjà vu passer des publications de Daniel Leclair. En fait en voyant les prises de Daniel, le cerveau de n’importe quel adepte de pêche se met aussitôt à bouillonner et sa bouche à saliver devant la taille des prises hors normes qu’il nous présente. Que ce soit doré, maskinongé, achigans, truite grise, truite mouchetée, ouananiche, brochet, bar rayé et j’en passe, ses captures n’ont rien de banal. D’ailleurs, une des grandes forces de Daniel est probablement sa grande polyvalence lui permettant d’être un pêcheur multi-espèces ultra performant.
Personnellement je connais Daniel depuis de nombreuses années et je dois avouer qu’aussi loin que je puisse me souvenir il a toujours été un pêcheur dans une classe à part. En fait dans mon esprit, Daniel fait définitivement partie des meilleurs pêcheurs au Québec. Histoire de mieux connaître ce véritable pro du domaine halieutique, je lui ai demandé de répondre à ce petit questionnaire sans prétention. Allons-y!
Question 1
À quel âge as-tu commencé à pêcher et qui t’a initié à cette activité?
«Nous avons toujours eu un chalet familial dans les Laurentides et dès l’âge de 6 ans je pêchais sur le quai, par la suite, je passais mes étés à la rame à la traîne pour prendre de l’achigan. Mon oncle Gilles sortait son vieux Mitchell 300 le soir au bout du quai et j’allais toujours le rejoindre pour une petite pêche.»
Question 2
Lorsque tu as commencé à pêcher sérieusement qui a été ton mentor? Pourrais-tu nous en parler un peu?
«Je n’ai pas eu vraiment de mentor, mais j’aimais me procurer différentes revues. À tous les mois je courrais pour acheter des magazines du genre, Québec Chasse & Pêche, In-Firsherman, Canadian Sportfishing et plein d’autres que je dévorais en me promettant des voyages de pêche et en expérimentant de nouvelles techniques.»
Question 3
Pourrais-tu nous décrire ton parcours en tant que pêcheur? Tes réalisations, les projets auxquels tu as participés?
«J’ai commencé dans la vingtaine comme PROSTAFF de compagnies dans les salons Chasse et Pêche et depuis je n’ai jamais manqué un salon. J’ai participé à plusieurs émissions de pêche, animé des tournois, des soirées et fait des photos pour une revue connue. Je suis un des membres du premier jour de Muskies Canada qui fait la promotion de la remise à l’eau des maskinongés. J’ai participé à un tournage dans les soirées de Chasse et Pêche. Ma plus grande réalisation, avec la collaboration d’un ami (Jean-Guy Côté), est d’avoir initié la première émission au Québec de pêche sur internet PECHEENLIGNE.NET (PEL), cette aventure a durée 10 ans, 120 épisodes de trente minutes et autant de capsules WEB de techniques, produits et conseils. Une série de 6 DVD (6 saisons). Maintenant je maintiens mon contenu sur les réseaux sociaux afin de faire découvrir le monde de la pêche. Comme le dicton de PEL le dit si bien : de l’action, des techniques et du plaisir.»
Question 4
À quel âge as-tu eu ta première embarcation? Quel modèle?
«J’ai eu quelques chaloupes étant plus jeune dans la vingtaine, 14 pieds en fibre de verre, une chaloupe verchère que j’utilisais aussi pour la chasse aux canards. Ma première vraie embarcation était une Princecraft 162 avec un moteur 40 forces et depuis ce temps je suis toujours resté fidèle au modèle Hudson de Princecraft.»
Question 5
Parmi toutes les espèces que tu as pêchées en eau douce, quelle est ta préférée et pourquoi?
«Plus jeune, et pendant plus de 25 ans, j’ai toujours eu une fascination pour le maskinongé, pour sa grosseur, son combat et le défi qu’il représente pour sa capture. Maintenant le doré a pris beaucoup de place car mon partenaire est maniaque de cette espèce. Mais en réalité j’aime toutes les différentes espèces et techniques à utiliser. Comme ça la pêche est toujours un nouveau défi; j’aime bien dire que je suis un pêcheur multi-espèces.»
Question 6
Parmi toutes les espèces que tu as pêchées en eau salée, quelle est ta préférée et pourquoi ?
«Le tarpon sans aucun doute pour sa force et les combats acrobatiques qui font rêver.»
Le tarpon est le poisson d’eau salé préféré de Daniel en raison de sa fougue incroyable!
Question 7
Parmi toutes les espèces que tu as pêchées, quelles sont tes préférées dans l’assiette?
«Je remets à l’eau une majeure partie de mes prises, mais j’aime bien un bon souper de dorés ou encore de la marigane sur la plaque à raclette. Et que dire d’une bonne ouananiche sur le BBQ.»
Question 8
Parmi les espèces d’eau douce populaires suivantes (doré-mouchetée-grise-ouananiche-brochet, maskinongé-achigan à petite et grande bouche, truite arc-en-ciel, truite brune), peux-tu nous donner le poids (ou la longueur) de tes records personnels, ainsi que l’endroit et la date approximative de leurs captures?
Doré: «nous étions tard à l’automne à la baie de Quinte au lac Ontario. Nous faisions de la traîne à la noirceur avec un poisson nageur et BANG une grosse attaque et un gros combat car je pêchais avec un lancer léger. La première réaction de mon partenaire fut de dire une grosse carpe, mais une fois le poisson dans la puise nous sautions de joie devant un doré monstre d’une longueur de 32,5 po avec une circonférence de 22,5 po, pour un poids estimé de 15,2 lb.
J’ai aussi capturé un doré de 34,5 po de longueur en début de saison que je n’ai toutefois pas pesé.»
Mouchetée: «une belle mouchetée d’environ 5 lb prise à la rivière Rupert (Lac Mistassini) pendant un tournage de l’émission Bonne Pêche, anciennement produite par mon ami Jocelyn Lapointe.»
Grise: «je ne peux vous dire le poids car je remets à l’eau toutes mes grises, mais je me souviens d’une journée record au lac Ontario, et ce tant en quantité qu’en qualité, avec plus de 6 grises au-dessus d’une vingtaine de livres dont la plus grosse devait faire environ 28 lb.»
Ouananiche: «un de mes plus beaux trophées à vie, une superbe ouananiche mâle avec un crochet de fou de 30,5 po de longueur et une grande circonférence, pêché au réservoir Kiamika en plein été à la traîne. Capturée avec les mouches que je confectionne moi-même.»
Maskinongé: «pendant un tournoi de Muskies Canada j’ai pris un monstre de 58,5 po de longueur par une circonférence de 26,5 po. Pour la grosseur (circonférence) mon plus gros était un poisson d’une longueur de 56 po avec une circonférence de 28,5 po.»
Achigan à grande bouche: «les plus belles grandes bouches que je puisse me rappeler ont été prises sûrement avec la technique de la grenouille que j’affectionne plus particulièrement avec des explosions à la surface. Je me souviens d’une journée avec 2 spécimens de plus de 6 lb.»
Question 9
Parmi les nombreux voyages de pêche que tu as eu la chance d’effectuer, quels sont tes plus beaux souvenirs?
«Mon émission Pêche En Ligne m’a permis de faire de très beaux voyages, dont un au Costa Rica pour le tarpon monstre; une dizaine de poissons sur les lignes par jour et des monstres de plus de 150 lb. Un autre beau souvenir, est une pêche au requin bleu à Halifax (Canada) avec plus d’une vingtaine de captures et un requin de plus de 250 lb.»
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La pêche au tarpon monstre au Costa Rica a été un des plus beaux souvenirs de Daniel (A), de même que son expérience de pêche au requin bleu à Halifax (B).
Question 10
Parmi tous les pros de pêche que tu as côtoyés, vus ou lus, y en a-t-il un en particulier ou plusieurs qui t’ont davantage impressionnés et qui t’ont influencé dans ta carrière de pêcheur?
«Étant jeune, je suivais Daniel Cousineau dans les revues et je le croisais à l’occasion sur le bord de l’eau. Nous avons même fait des tournages ensemble. Même chose pour Réal Larose, un vrai gentleman qui est un excellent pêcheur, une vraie encyclopédie, toujours actif dans des publications pour nous apprendre de nouvelles techniques.»
Question 11
Parmi les espèces d’eau douce populaires suivantes (doré-mouchetée-grise-ouananiche-brochet et maskinongé, achigan à petite et grande bouche, truite arc-en-ciel, truite brune), si tu ne pouvais utiliser qu’un seul leurre (un pour chaque espèce) pour les pêcher quel serait-il?
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Doré: «leurre de plastique souple NXS Dancing Death Shad de 4 po, monté sur une tête de jig de 3\8 à 3\4 oz orange.» |
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Mouchetée: «je ne suis pas vraiment un pêcheur de moucheté mais une cuillère avec un bas de ligne et un ver de terre (ou un leurre de plastique souple) est toujours une valeur sûre.» |
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Grise: «leurre de plastique souple NXS Dancing Death Shad de 5 po, monté sur une tête de jig de 1 à 2 oz.» |
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Ouananiche: «mes tubes fly, montés par moi-même derrière une palette «flasher».» |
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Brochet: «une bonne veille cuillère Mepps Syclops et un gros spinnerbait.» |
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Maskinongé: «pour le lancer j’utiliserais le Bucktail double et pour la traîne le poisson nageur Perchbait.» |
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Achigan à grande bouche: «la grenouille en plastique souple pour les attaques et son efficacité.» |
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Truite arc-en-ciel (ou steelhead): «cuillère pour la traîne (une de mes préférées est la Northern King U.V. Silver Back) et des œufs pour la «drift ».» |
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Truite brune: «poisson nageur comme le Jerk Master Jr. de Livingston |
Question 12
Parmi les espèces moins connues et moins populaires suivantes, quelle est (sont) ta (tes) préférée (s)? Esturgeon, barbue, alose, malachigan, lépisosté osseux, corégone, marigane, perchaude, carpe, chevaliers (suceurs)? Pourquoi?
«Je pêche l’alose depuis mon enfance ayant grandi pas loin de la rivière des prairies. C’est un poisson qui remonte de la mer et que l’on peut pêcher de la rive donc facile d’accès pour tous et qui est très combatif. L’autre poisson que j’ai découvert la saison dernière est le malachigan qui est très combatif et qui atteint une taille gigantesque; plus de 20 lb. La marigane est mon espèce favorite l’hiver pour sa beauté et le goût délicat de sa chaire.»
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Daniel pêche l’alose depuis qu’il est tout jeune (A). Il a aussi découvert récemment la pêche au malachigan, un poisson qui atteint des tailles impressionnante (B). La marigane, ce petit poisson de la famille des achigans, demeure un des préférés de Daniel lorsqu’il pratique la pêche blanche (C).
Question 13
Lorsque la pêche est mauvaise et que les poissons sont inactifs que conseilles-tu aux pêcheurs de faire? Persévérer avec la même méthode au même endroit jusqu’à ce que les poissons finissent par s’activer ou faire preuve d’initiative et varier les leurres, les techniques et les sites de pêche?
«C’est de trouver la recette magique. Il est très important de travailler en collaboration avec son partenaire, d’essayer des techniques différentes, de changer d’endroits souvent jusqu’au moment de trouver le bon secteur et ce qui marche le plus comme présentation.»
Question 14
Si tu avais des conseils à donner à ceux qui voudraient devenir de meilleurs pêcheurs quels seraient-ils?
«Avec les réseaux sociaux beaucoup de débutants se mettent de la pression inutile. Il faut avant tout avoir du plaisir et développer ses techniques car la pêche est une vraie passion. Deuxièmement la préparation est tellement importante: équipements, leurres, faire ses devoirs, faire un scénario d’attaque, trouver un plan A et B, trouver de l’information sur le plan d’eau, sur les habitudes des poissons de ses déplacements, de sa nourriture et j’en passe.»
Question 15
Selon toi qu’est-ce que nos gestionnaires pourraient faire pour améliorer la pêche au Québec et en faire une activité encore plus populaire?
«À mon avis le Québec n’a pas de vision à long terme ainsi qu’aucune vision dans le passé pour apprendre de ses erreurs. Nous avons très très peu de rampe de mise à l’eau gratuite pour les gens avec des grands stationnements; redonner l’accès à nos plans d’eau est presqu’une utopie. Redistribuer l’argent provenant des permis de pêche pour l’ensemencement, la recherche et l’étude des espèces seraient une excellente initiative. Engager plus d’agents de la faune aussi. C’est plate à dire, mais ils devraient prendre exemple sur les américains.»



